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Créé le lundi 2 avril 2012 19:39
7 Mars 2012 - Nouvelles de l’exploitation de Dorothée et Christophe
C’est aujourd’hui la bouche pleine du délicieux gâteau de Marie-France que Dorothée nous donne quelques nouvelles. Elle a bouclé les paniers vers 16h10 ; roulé une bonne heure jusqu’à la petite AMAP hébergée par le, paraît-il, génial resto bio Clair de Lune (oui, je fais un peu de pub, histoire de financer l’impression) ; déchargé et papoté sans répit avant de repartir pour la Bifurk : il faut bien reprendre quelques forces ! Et combattre le stress consécutif aux intempéries et à la déception des adhérents. En effet, le gel du début d’année a eu raison des pains de sucre, des oignons, des choux frisés, et d’une bonne partie des poireaux censés garnir les paniers. Les prochaines semaines, il faudra donc principalement se contenter de pommes de terre, carottes, céleris rave, choux blancs, choux raves, que viendront plus ponctuellement égayer échalotes et courges.
Nos agriculteurs ne chôment pourtant pas. Christophe, de retour aux champs, a commencé à labourer pour planter les pommes de terre, les oignons, les échalotes, et – nouveauté 2012 à la demande générale – de l’ail. Il s’agira d’un peu d’ail frais, qui ne se conserve pas, avec des gousses à peine formées - comme la ciboulette, précise Gildas avant d’aller gérer la distribution des légumes, ce qui permet à Dorothée de poursuivre son récit ; les tentatives précédentes, il y a 3 ou 4 ans, pour produire de l’ail séché s’étaient révélées peu concluantes : bulbes trop petits, attaque de maladies (oïdium). D’autre part, des livraisons de plants bio sont attendus la semaine prochaine : salades, épinards, fenouils, navets, courgettes seront installés dans les serres, rejoignant les petits pois, fèves et blettes que Christophe et Dorothée y ont semés. Procéder à leurs propres semis permet une plus grande souplesse dans la gestion du planning des serres. Par exemple, le radis, dont la croissance a été retardée par le froid, peut actuellement squatter, sans crainte d’être expulsé, la serre des haricots ; ceux-ci seront semés plus tard, un fois les radis arrivés à maturité et la place libérée (ce qui ne serait pas possible avec une commande de plants).
Pour voir récompensé ce travail et goûter à ces bons produits, patience ! Il va malheureusement falloir attendre le Printemps…Euh non, pas le 20 mars. Dans le calendrier de Dorothée, le Printemps s’étend de la mi-mai à la mi-juillet. Ensuite, on bascule directement dans l’automne, dont les légumes se prévoient bien en amont. Par exemple, le poireau est semé à la mi-mars, planté mi-juin, récolté à partir de la mi-septembre et si tout va bien jusqu’au mois de mai. Parallèlement aux plantations de Printemps, c’est donc dès maintenant que Christophe et Dorothée s’apprêtent à préparer la saison d’automne-hiver et ils comptent sur la solidarité des adhérents tout au long du cycle des saisons, malgré les impondérables.
Joëlle Bourgin.
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Ce Groupement Agricole d’Exploitation en Commun regroupe une partie maraîchage bio et une partie élevage de vaches charolaises et de chevaux comtois. Le maraîchage bio, ça vous dit sûrement quelque chose, l’élevage, c’est moins sûr ; Dorothée nous donne donc quelques précisions. Il s’agit de vaches allaitantes, c’est-à-dire qu’elles sont élevées uniquement pour leur viande, comme leurs copains équidés d’ailleurs.
Pour les amateurs de chiffres, sachez que le troupeau bovin compte 30 mères, 18 génisses (vaches qui n’ont pas vêlé), 30 petits (si tout va bien). Il y a aussi 4 juments et jusqu’à 4 poulains dans l’année. 47 hectares sont consacrés à ces petites bêtes (cultures fourragères comprises), sur les 50 hectares que couvre l’exploitation au total. Sur ces 50 hectares, le père de Christophe en possède 4, Christophe et Dorothée en possèdent 2. Le GAEC occupe les 46 hectares restants en location, pour un loyer annuel de 6000 euros environ. Si vous avez bien suivi, vous pourrez facilement calculer l’âge du fermier.
En temps normal, c’est le frère de Christophe qui s’occupe des vaches. Mais une génisse ingrate lui a cassé la clavicule le 8 décembre et il en a au minimum jusque fin mars d’arrêt de travail. Christophe gère donc temporairement la partie élevage, qui représente un gros travail : sortir le fumier, nourrir les bêtes, repérer les vaches en chaleur pour planifier la visite du taureau, faire inséminer les génisses, surveiller les juments…. Il doit aussi mitonner les repas de ces dames et demoiselles : préparation de la farine par concassage des grains et d’un complément alimentaire à base de paille et de mélasse (c’est bon pour leur estomac !). D’ici un petit mois, il faudra enfin refaire les clôtures afin que les bêtes puissent se dégourdir les pattes. Bref, Christophe est mobilisé à plein temps et Dorothée se retrouve actuellement seule pour les légumes.
La mutualité sociale agricole (MSA) peut fournir un remplacement du travailleur accidenté (ici de l’éleveur), mais il faut débourser 150 euros la journée du 1er au 5ème jour, puis 80 euros du 6ème au 30ème jour. De plus, c’est la MSA qui désigne d’office le remplaçant alors que l’élevage nécessite une bonne connaissance des bêtes et une forte implication pour surveiller leur santé. Si par chance, il n’y a pas de remplaçant disponible auprès du service, le GAEC pourrait (pour le même coût) faire appel à un jeune fiable du coin.
Dorothée envisage cette solution à partir de mars car le travail de maraîchage battra alors son plein (même si certains semis pourraient, avec une météo favorable, être avancés au mois de février). En effet, pour planter les oignons par exemple, il faut impérativement être à 3, un sur le tracteur et deux derrière, pareil pour les échalotes, etc. Et on ne peut pas repousser les semailles sous peine de retarder et de compromettre la récolte. Avis aux bonnes volontés : compter deux bonnes heures pour 25 plateaux de 170 mottes d’oignons.
Il ne reste plus qu’à souhaiter aux adhérents et producteurs de l’AMAP une bonne année, une bonne santé et/ou une bonne mutuelle !